Preuve, devant la menace brandie par les syndicats de l'Éducation nationale (SOS Éducation, Sena et Conasysed) de perturber les cours dès leur reprise hier lundi 5 janvier 2026, nombreux sont les parents qui se demandaient s'il fallait garder leurs enfants à la maison ou pas. Finalement, le “meilleur moyen de le savoir” a été d’aller vérifier sur place.
Nos reporters ont eu le même réflexe. Premier arrêt : le lycée d’application Nelson Mandela. Difficile d’y dresser un état des lieux clair. Certains élèves, notamment ceux de la Tle D4, affirment que les enseignants sont bien présents… mais sans dispenser de cours. D’autres évoquent la timidité habituelle d’une rentrée ou reprise des cours.
À l’inverse, des élèves de 3e confirment avoir eu cours normalement, au point qu’un devoir a même été programmé pour jeudi prochain. Les enseignants sont donc là pour certains, mais pas dans toutes les classes. Côté administration, même flou. Impossible d’obtenir une lecture nette de la situation. Il faut alors s’en remettre aux témoignages des apprenants.
Puis le lycée national Léon-Mba où l’ambiance était tout autre. Les élèves de Tle AB, par exemple, partaient rendre leurs cahiers de textes à l’administration. “Nous sommes fatigués, madame. Depuis le matin, pas de cours. Il n’y a plus personne dans les classes. On rentre”, lâche l’un d’eux. Effectivement, dans la cour, les apprenants sont tous ou presque dehors.
Même scénario dans les deux collèges (CES 1 et CES 2) logés dans l’enceinte de l’établissement. Certains élèves ont appelé leurs parents pour venir les récupérer, faute de cours. D’autres affirment avoir été chassés par des surveillants. Au primaire, notamment à l'école publique Martine-Oulabou, l'ambiance était plus ferme. Un piquet de grève accueille les visiteurs depuis le portail. Ici, les enseignants sont présents, mais pas dans les salles de classe. Et cette fois, préviennent-ils, “c’est tout ou rien”.
Quelques chefs d’établissements, ayant requis l’anonymat, estiment qu’il est délicat de parler formellement de grève le jour même de la rentrée, une période traditionnellement marquée par une certaine lenteur. Pour eux, la situation reste donc mitigée.
Mais au-delà de ce que l’on pourrait attribuer à la timidité de la rentrée, une évidence s’impose : quoique timide par endroits, la grève est bel et bien effective dans les établissements de Libreville.
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