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Chroniques

Décennie de la femme : stratégie ou nostalgie du PDG ?

Alix-Ida MUSSAVU-KOMBILA , journaliste à L'Union

Le Parti démocratique gabonais (PDG) tente-t-il un coup de maître symbolique en voulant ressusciter la "Décennie de la femme" (2015-2025) lancée sous le régime déchu ? Célébrant, le 18 avril, la Journée nationale de la femme, l'ex-parti au pouvoir a lancé un appel inattendu : un bilan officiel de cette décennie et sa reconduction. Une initiative qui intrigue et interroge, d'autant plus que, lors de la célébration officielle de cette journée, la première dame Zita Oligui Nguema a lancé des initiatives majeures en faveur des femmes, dont le programme "Équilibres 2026-2029". Le PDG veut-il recycler son passé en capital politique ?

Ironie du calendrier, cette décennie s’est achevée dans le silence le plus complet, deux ans après la chute d'Ali Bongo Ondimba, qui était tout aussi le ‘‘Distingué camarade président’’ du PDG. Derrière le langage consensuel et bien-pensant sur l’égalité des sexes, certains voient une tentative de réhabilitation, un calcul clair : revendiquer les fruits du passé pour masquer une crise identitaire du parti. Un geste calculé pour réinscrire le parti, qui dit s'inscrire dans "L'R du temps", dans le récit du pouvoir. Une manoeuvre pour rappeler que, malgré tout, le PDG aurait encore voix au chapitre dans le Gabon d’après 2023 ?

Le président du parti l'avait, en tout cas, clairement affirmé lors de la célébration du 58e anniversaire du PDG, assurant que plusieurs ‘‘Pdgistes’’ sont encore dans les arcanes du pouvoir. Mais cela ne semble visiblement pas suffisant. La démarche, qui ne manque pas d’ambiguïtés, soulève d'ailleurs une autre question : le PDG regarde-t-il vers l’avenir ou se raccroche-t-il à des gloires passées ? La proposition d'une vision nouvelle aurait été bienvenue. À moins qu'il s’agisse de mémoire, de positionnement politique, avec une "Décennie de la femme" aux allures de terrain de bataille invisible, où se jouent la réinterprétation de l’héritage d’Ali Bongo Ondimba et la tentative de rester incontournable. Moins une question de femmes et de leurs droits que le miroir d’une stratégie politique visant à transformer le souvenir en ressource et la mémoire en légitimité.

Alors, derrière l’appel au bilan et à la reconduction, faut-il voir un projet politique audacieux et tourné vers l’avenir, ou le signe d’un parti qui se cherche dans les ombres de sa nostalgie ? La réponse, pour l’instant, reste suspendue… tout comme le sort de cette décennie.

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