Au quatrième trimestre 2025, la conjoncture dans la zone de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) confirme un ralentissement progressif de l’activité dans un environnement marqué par le recul du pétrole. Récemment publié par la direction générale de l’Economie et de la Politique fiscale (DGEPF), le cadrage macroéconomique des services de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) met en évidence une croissance sous-régionale moins dynamique, malgré quelques indicateurs de stabilité.
En effet, la croissance sous-régionale ralentirait à 2,4% en 2025, contre 2,7% en 2024 et 2,6% initialement envisagés. Ce repli s’explique surtout par la baisse des activités pétrolières et gazières, attendues à -1,2% après -0,3% un an plus tôt. La production non pétrolière resterait certes résiliente avec une progression de 3%, mais insuffisante pour compenser le recul du secteur extractif.
Dans le même temps, plusieurs indicateurs virent au rouge. Le solde du compte courant se détériorerait fortement à -2,9% du Produit intérieur brut (PIB) contre un excédent de 0,3% en 2024, sous l’effet du recul des exportations pétrolières lié à la baisse des cours et des volumes. Les réserves de change reculeraient aussi de 2,6%, ramenant le taux de couverture extérieure de la monnaie à 67% contre 74,9% fin 2024. Les réserves en mois d’importations passeraient de 4,87 à 4,25.
Quelques signaux restent toutefois encourageants. L’initiation poursuivrait sa décrue à 2,2% après 4,1% en 2024, sous le seuil communautaire de 3%. Le déficit budgétaire hors dons s’améliorerait légèrement à -1,4% du PIB contre -1,6%. La masse monétaire progresserait de 5,1%.
Pour la période 2026-2028 la BEAC table sur une consolidation progressive de la croissance, avec un PIB réel attendu à 4,6% en 2026, avant 3,1% en 2027 et 3,5% en 2028, porté par l’agriculture, les mines, l’industrie et les services. Les projections à moyen terme montrent aussi une hausse annuelle moyenne de 9,7% de la masse monétaire, de 13% des avoirs extérieurs nets et de 10,4% des crédits à l’économie, preuve que la zone conserve des marges de financement malgré un environnement pétrolier plus fragile.
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