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Politique

Albert Ondo Ossa : entre déni et impasse politique

Albert Ondo Ossa, candidat aux élections présidentielles de 2023 au Gabon

Près de trois ans après la présidentiel le de 2023, Albert Ondo Ossa continue de se présenter comme le ''président élu''. Depuis Paris, où il vit presque en solitaire, il attend d'''être réhabilité, c'est-à-dire, revenir au pouvoir''. ''Les Gabonais prennent majoritairement position pour moi aujourd’hui'', a-t-il assuré dans une récente interview, convaincu que la légitimité populaire lui est acquise.

Il est vrai que la plateforme Alternance 2023 l’avait propulsé au centre du jeu face à Ali Bongo Ondimba, cristallisant un puissant sentiment anti-Bongo. Beaucoup de Gabonais l’ont alors découvert, ignorant même qu’il fut candidat en 2009, crédité d’un modeste 0,20 %. Porté par la vague de 2023, il semble avoir confondu dynamique collective et sacre personnel, persuadé que l’histoire lui devait enfin le fauteuil présidentiel.

Mais la politique n’est pas une révélation mystique et l’histoire en a décidé autrement. Les événements d’août 2023 ont rebattu les cartes. Le régime a été renversé, une Transition s’est installée sous l’autorité de Brice Clotaire Oligui Nguema, et un nouvel ordre institutionnel a émergé. Qu'on soutienne cette Transition ou qu'on la conteste, elle a redéfini le cadre politique avec dynamisme. Dans ce paysage transformé, Ondo Ossa semble évoluer dans un espace parallèle : août 2023 comme horizon indépassable, l’élection comme photographie figée.

La posture rappelle celle de Jean Ping après 2016 : même rhétorique de la victoire confisquée, même dénonciation d’institutions partiales, même fidélité à une vérité alternative. Sauf qu’ici, le scrutin contesté a été suivi d’une Transition réussie et d’un référendum constitutionnel adopté à 91%. Lui parle de 51%, évoque une majorité relative, et affirme “je ne mens jamais chaque fois que j'avance quelque chose”. Pourtant l’écart entre les chiffres et son récit alimente l'idée du mensonge ou l’impression d’un déni plus que d’une stratégie. Un refus du réel dans un discours qui trahit une aigreur croissante, ahurissante et désolante. ''S’il y a eu coup d’État, c’est contre Ondo Ossa'', dit-il. La formule est révélatrice de son nombrilisme : le pays disparaît derrière sa personne.

À force de se proclamer ''président élu'', il risque de devenir le chef d’un espace parralèle, un territoire symbolique. Or la politique ne se nourrit pas seulement de mémoire, mais de projection. En 2026, l’enjeu n’est plus de rejouer 2023, mais d'incarner une alternative crédible. Pendant qu'il campe sur son élection rêvée, le Gabon réel, lui, avance avec des réalisations concrètes, ses nouveaux acteurs et ses réalités.

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