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Politique

Gouvernance : Oligui Nguema défend son action et ses ambitions

Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon et Marc Perelman

Dans un entretien accordé à France 24 le 2 juin à la Cité de la Démocratie, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a abordé plusieurs sujets majeurs. Évoquant les relations avec la France, il a annoncé qu’il effectuera une visite d'État en France. "C'est prévu pour la date du 20 juillet", a-t-il déclaré. Une rencontre inscrite dans la continuité des relations historiques entre Libreville et Paris. Selon lui, malgré les bouleversements observés ces dernières années dans plusieurs pays d’Afrique francophone, "le climat est au beau fixe".

Sur le départ des Forces françaises du Camp de Gaulle, dans un contexte marqué par le retrait de l’armée française du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et du Sénégal, Brice Clotaire Oligui Nguema a souligné la singularité du cas gabonais. "Nous ne les avons pas chassés comme ailleurs", a-t-il soutenu, affirmant que la décision émanant de la France, Libreville n’a fait qu’accepter "cette opportunité". Le camp, déjà rétrocédé au Gabon, changera d’appellation. "Le nom général De Gaulle ne va plus exister. Ça rappelle des souvenirs de la coloniale", a commenté le président.

Il rejette les accusations de torture par Sylvia Bongo et affirme, "quelqu'un qui a fait un coup d'État sans effusion de sang, qui n'a tué personne, ne va pas se mettre à torturer les gens". Selon lui, l’épouse et le fils d'Ali Bongo Ondimba sont préoccupés par les poursuites engagées contre eux par la justice gabonaise. S’il les accuse de "cracher même sur le pays qui les a nourris", il insiste : "Nous attendons la preuve mais pas du chantage comme ils veulent le faire". Dans sa démarche, il dissocie sa relation avec Ali Bongo Ondimba des procédures visant son entourage. "Il n'y était pour rien, ce n'est pas lui qui prenait toutes ces décisions, on sait qui avait la machine", a-t-il déclaré, estimant que l’ancien chef de l’État affaibli par son accident vasculaire cérébral (AVC), n’exerçait plus le pouvoir durant les cinq dernières années de son mandat.

Le chef de l'État a aussi voulu rassurer sur ses intentions politiques à long terme. Alors que plusieurs dirigeants africains sont accusés de modifier les Constitutions pour se maintenir au pouvoir, il affirme vouloir respecter strictement les dispositions de la nouvelle Loi fondamentale. "Je suis un démocrate et je suis respectueux des lois parce que je crains Dieu", a-t-il déclaré. Rappelant l’introduction du principe d’intangibilité dans la Constitution, il a assuré qu’il n’était pas question d’y toucher. "Il n'y aura pas de dynastie Oligui, vous pouvez en être sûr", a-t-il soutenu.

Le président de la République a réaffirmé son attachement au principe de l'indépendance de la justice. Balayant toute lecture politique de l'affaire Bilie-By-Nze, il a estimé qu'elle relevait strictement du domaine privé. "Je n'ai rien à voir. C'est une affaire privée. Elle ne me concerne pas", a-t-il souligné, tout en compatissant à la situation de l'ancien Premier ministre, qu'il a présenté comme un ami.

Sans faux-fuyant, Brice Clotaire Oligui Nguema n'a éludé aucune question, faisant preuve de constance et de proximité avec ses compatriotes. Il s'est ainsi dit conscient de la "détresse" des Gabonais face aux délestages et au stress hydrique, en annonçant la livraison des centrales thermiques d'ici juillet 2027.

De même, il a laissé entendre qu'un accord sera signé avec le Fonds monétaire international (FMI), en réaffirmant le cap de la souveraineté économique avec, comme point de mire, la transformation locale du manganèse en 2029. "On a dit 2029. Si rien n'est transformé en 2029, le manganèse ne sortira pas", a-t-il martelé, précisant que son mandat sera jugé au terme de sept ans.

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