À la barre, la plaignante a soutenu que la puissance des décibels du bar de Ida Angue Ekoua est telle qu'elle est tombée malade. "Cela part de 9 heures à 3 heures du matin, sans interruption. Je me suis rapprochée d'elle à plusieurs reprises, je n'ai pas été entendue. Au contraire, cela a redoublé de puissance, et je n'en peux plus...", a-t-elle expliqué à la barre.
L'accusée, qui est étudiante et dont cette activité commerciale lui permet de joindre les deux bouts, se dit "surprise de se retrouver au tribunal pour cette affaire, d'autant qu'elle la croyait réglée...". En effet, son bar a été fermé depuis le mois de novembre 2025, mais avant cela, l'enquête des OPJ a abouti à la non-présence d'appareil de musique dans le bistrot. Et "les voisins interrogés ont expliqué qu'elle n'aime écouter que de doux airs religieux".
Amina Moutsinga a présenté des preuves audiovisuelles prises depuis sa véranda, mais d'autres éléments de la partie adverse l'ont quelque peu désarçonnée dans ses prétentions. Le Conseil de l'accusée, Me Olga Alloume Okane, a mis en exergue ce qu'elle a considéré comme un acharnement contre sa cliente, avant d'indiquer qu'à cause de la plaignante, "toutes les gérantes de ce bar, depuis 2022, ont abandonné leurs activités commerciales".
Pour elle, "le malheur du Gabonais c'est le Gabonais lui-même". Non sans voir dans l'attitude de la plaignante, une volonté manifeste de nuire au commerce de sa cliente, "étudiante, orpheline de père et de mère, vivant de son activité et s'inscrivant dans la droite ligne du président de la République qui encourage l'entrepreneuriat".
En pointant "une méchanceté gratuite" contre Angue Ekoua ("Qu'est-ce que cette dame veut à cette fille ?"), elle devait rappeler l'article 453 (lire ci-dessous).
Le verdict de cette affaire, qui n'est pas la première du genre au Gabon, est prévu le 12 janvier prochain.
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