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Société & Culture

Suspension des réseaux sociaux : l’épreuve de l’effectivité

Siège de la HAC

Encore accessibles dans la foulée de la décision de la Haute autorité de la communication (HAC) qui, le 17 février, a annoncé la “suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire national gabonais jusqu'à nouvel ordre”, les réseaux les plus populaires auprès de la population ont finalement été rendus inaccessibles ou fortement perturbés. Hier en matinée, s'il était encore possible d'accéder à WhatsApp sans toutefois bénéficier de toutes les fonctionnalités, il était presque impossible de se connecter à Facebook, TikTok et YouTube.

Cette suspension se traduit par une désorganisation palpable. Restaurants, vendeurs en ligne et prestataires de services, qui ont fait de ces plateformes leurs principales vitrines commerciales, redoutent une chute des commandes. Les créateurs de contenus craignent la perte de partenariats et de revenus. Beaucoup d’usagers dénoncent la privation de leurs canaux d’expression et d’information. Du côté des acteurs politiques, la mesure est jugée disproportionnée, certains y voyant un signal désastreux.

Le malaise s’exprime aussi à l'école. “Nous avons des cours en ligne, des leçons envoyées via WhatsApp que nous avons du mal à télécharger. Cela nous pénalise”, confie une étudiante. En entreprise, la difficulté à transmettre des fichiers, à télécharger des documents ou à maintenir un flux de travail fluide donne l'impression d’un ralentissement général du débit internet comme si la suspension ciblée produisait des effets collatéraux plus larges.

Le débat se polarise. Les autorités défendent une mesure nécessaire pour prévenir les dérives jugées nuisibles à la cohésion sociale. Sur des plateaux télévisés, Mélodie Jennyfer Sambat, porte-parole adjoint 1 de la présidence de la République, a évoqué une situation “ponctuelle”, destinée à permettre un “recadrage”. Selon elle, depuis plus d’un an, le gouvernement et la HAC ont alerté certaines plateformes, sans obtenir de réponse. “Depuis la suspension, le groupe Meta a enfin répondu aux différentes alertes”, a-t-elle assuré.

La suspension serait ainsi un levier pour instaurer un cadre de négociations plus respectueux des institutions et des valeurs du pays. “Il est inconcevable qu'après de nombreuses alertes du gouvernement, on n'ait jamais eu de réponse. Il a fallu faire cette suspension pour qu'on ait une réponse du groupe Meta”, a-telle dit. La régulation annoncée devrait donc poser les bases d’un dialogue structuré avec les plateformes concernées, le temps de définir des règles plus adaptées au contexte national. “Les Gabonais vont attendre parce que c'est une décision qui est assumée”, a-t-elle soutenu.

Si en milieu d’après-midi, des utilisateurs qui n’avaient pas pu se connecter le matin ont constaté une apparente reprise normale des services, croyant à juste titre que la restriction avait été levée, en réalité, il n’en est rien : la suspension reste en vigueur et peut varier selon les ajustements techniques opérés par les fournisseurs d’accès à internet. “Il faut attendre la fin des négociations de régulation”, a-t-on précisé.

Quelles que soient les positions, l’épisode révèle une évidence : les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans la vie des Gabonais. Communication familiale, commerce, information en temps réel, formation à distance : en quelques années, ces outils sont devenus une infrastructure sociale à part entière. Leur suspension agit comme un révélateur. Reste désormais à savoir combien de temps durera cette parenthèse numérique, car c’est aussi la cohésion économique et sociale du quotidien qui se trouve mise à l’épreuve.

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