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Politique

Réforme politique : une patate chaude pour les nouveaux ministres ?

François Ndong Obiang et Adrien Nguema Mba

Le remaniement ministériel du 11 octobre change les titulaires des portefeuilles, mais pas les incertitudes entourant la réforme des partis politiques. Aimé Martial Massamba, nouveau ministre de la Réforme et des Relations avec les institutions, et Edgard Moukoumbi, nouveau ministre de l’Intérieur, héritent d’une patate chaude juridique et politique : un recours pendant devant la Cour constitutionnelle et des résultats de mise en conformité toujours attendus, près de quatre mois après l’opération.

Déposé le 28 septembre par le Parti républicain et démocratique (PRD) d’Ariel Eloi Iwangou-Iwangou, le recours conteste la délibération du Conseil des ministres du 18 septembre 2026 relative à la modification de la loi n°16/2025 sur les partis politiques. Il dénonce l’utilisation de la version du 27 juin 2025, retirée au profit de celle du 30 juin pour corriger des "erreurs matérielles".

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Auditionnés par les juges constitutionnels, François Ndong Obiang, ministre de la Réforme, et Adrien Nguema Mba, ministre de l’Intérieur, ont défendu la délibération, estimant que le retrait de la première version ne constituait pas une abrogation de la loi. Trois jours plus tard, François Ndong Obiang est viré du gouvernement tandis qu'Adrien Nguema Mba change de portefeuille.

Si aucun lien n’est toutefois établi entre ces changements et la procédure en cours, il reste que le remaniement a redistribué les responsabilités, sans régler le contentieux. Au coeur du problème : les 10 000 NIP. L’article 72 de la version du 27 juin imposait cette exigence aux partis déjà existants. Or, cette disposition a disparu de la version du 30 juin.

Plusieurs formations ont ainsi déposé leurs dossiers sans fournir les 10 000 pièces requises, considérant ne plus être concernées par cette obligation. Que faire de ces dossiers ? Publier les résultats sur la base du texte du 30 juin ou réintroduire cette exigence au nom de l’égalité entre les partis, argument défendu par les deux anciens ministres devant la haute juridiction ?

Les nouveaux responsables devront trancher ces questions, clarifier la position du gouvernement et sécuriser juridiquement la réforme. En attendant la décision de la Cour constitutionnelle, les résultats restent attendus et la crédibilité du processus en suspens. Le remaniement n’a pas éteint le dossier. La patate chaude est désormais entre les mains des deux nouveaux ministres.

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