Le Gabon veut reprendre la main sur ses ressources halieutiques. À quelques jours de l'expiration de l'Accord de partenariat de pêche durable (APPD) qui le lie à l'Union européenne (UE), Libreville défend une stratégie axée sur la transformation locale du thon capturé dans sa Zone économique exclusive (ZEE).
En effet, prévu pour s'achever le 28 juin, le protocole actuel génère environ 2,6 millions d'euros par an, soit près de 1,7 milliard de FCFA, à travers la contribution financière de l'UE et les redevances versées par les armateurs européens. Un montant que les autorités gabonaises jugent insuffisant au regard de la valeur commerciale des captures réalisées dans les eaux nationales.
Le gouvernement estime également que ce modèle profite peu à l'économie locale. Une grande partie du thon pêché est exportée puis transformée à l'étranger, privant le pays des emplois, des investissements et de la valeur ajoutée liés à cette activité. Pour inverser cette tendance, Libreville mise sur le développement d'une filière thonière nationale. Cette ambition s'appuie notamment sur la relance du site industriel d'Owendo, repris en 2024 par la société IB Fish, avec l'objectif de renforcer la transformation locale des produits de la pêche. Toutefois, aucune rupture définitive n'est encore actée.
Contacté par notre Rédaction, le ministère de la Mer, de la Pêche et de l'Économie bleue indique que les discussions se poursuivent avec l'UE. Des rencontres préparatoires ont récemment eu lieu et les négociations devraient se poursuivre afin de parvenir à un accord plus équilibré pour les deux parties.
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