Fini les discours à distance et les cérémonies protocolaires. Depuis son arrivée au pouvoir, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a imposé une nouvelle façon de communiquer : aller directement sur le terrain, parfois casque sur la tête, au milieu des populations et des ouvriers. Une méthode qui vise à incarner une présidence d’action et de résultats.
Le chef de l’État multiplie en effet les visites surprises. Il se rend personnellement sur les grands chantiers du pays.
Objectif affiché : constater l’avancée des travaux, parler aux ingénieurs mais, surtout, écouter les Gabonais. Sur place, il prend la parole, répond aux questions, coupe des rubans et lance parfois des instructions immédiates aux ministres présents.
Cette proximité tranche avec les pratiques précédentes. Le président veut montrer qu’il est "au courant de tout" et qu’il contrôle la mise en oeuvre de sa politique.
Au-delà des chantiers, Oligui Nguema va au contact des populations dans les quartiers, les marchés et les provinces. Poignées de main, bains de foule, discussions avec des jeunes, des commerçants, des femmes. Des images diffusées largement sur les réseaux sociaux et la télévision.
Le message est simple : un président accessible, qui rend compte et qui assume. Plus de porte-parole unique. Le président communique lui-même, en direct, souvent sans note.
Cette stratégie semble viser deux cibles. Primo : rassurer sur la volonté de relancer les infrastructures et l’économie. Deusio : créer un lien direct avec les citoyens, en contournant les intermédiaires qui forment souvent des barrières autour de lui.
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En visitant les chantiers, le président met la pression sur l’administration. Les retards et les malfaçons sont pointés du doigt publiquement. C’est aussi une façon de communiquer sur les réalisations concrètes du pouvoir.
Pour ses partisans, c’est la preuve d’un "président bâtisseur". Mais pour ses détracteurs, c’est de la communication spectacle destinée à masquer les difficultés. Quoi qu’il en soit, en moins de deux ans, cette nouvelle façon de faire a changé l’image de la présidence gabonaise : moins distante, plus visible et ancrée dans le quotidien des Gabonais.
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