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Okakwê : en pirogue dans le premier arrondissement de Libreville

Une élève ramant pour rejoindre la rive où l’attendent d’autres élèves.

Une publication Facebook de la page "Être FANG" fait froid dans le dos. Elle dresse le portrait d’un abandon. L’île d’Okakwê est située dans la zone d'Alibandeng, après le quartier Kiliba et le camp des marins, dans le premier arrondissement de Libreville. Làbas, des Gabonais vivent encore comme s’ils étaient coupés du monde. Sans pont, sans hôpital, sans école. Et avec pour seul moyen de transport, des pirogues.

La vidéo, relayée sur les réseaux sociaux, est un véritable cri d’alarme. Selon le post, les habitants d’Okakwê n’ont pas d’autre choix. Élèves, étudiants, personnes du troisième âge, femmes enceintes… tous "empruntent des pirogues pour rallier Libreville". Le danger est donc permanent. "Certains, aux heures tardives, tombent à l’eau et vont souvent jusqu’à trouver la mort". La phrase est glaçante. Dans un pays pétrolier depuis des décennies, en pleine capitale, des citoyens meurent en traversant un bras de mer pour aller à l’école ou à l’hôpital.

La situation devient "encore plus délicate quand une femme est enceinte". Aucune structure sanitaire sur place. En cas d’urgence, tout dépend du courage d’un piroguier et de la météo.

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Le constat est accablant : "cette île qui n’a pas de pont, ni hôpitaux et écoles". Pourtant, des populations y vivent. Elles n’ont "pas d’autres endroits où il faut aller". Elles sont donc condamnées à rester et à prendre des risques. Avec la rentrée scolaire qui approche "dans quelques semaines" et la "saison des pluies", le danger va s’accentuer. Les eaux seront plus hautes, les pirogues plus instables.

Une chose est claire. Les auteurs de ce post interpellent directement la "Ve République" à jeter un coup d’oeil sur Okakwê qui n’est pas à 500 km dans l’arrière-pays. C’est une île de l’Estuaire, dans le prolongement de la capitale. Son oubli interroge sur les priorités de l’aménagement du territoire depuis des décennies.

Des solutions urgentes existent. Le minimum peut être fait rapidement : une navette sécurisée pour les élèves et malades, avec gilets de sauvetage. Mais à long terme un pont ou une barge pour désenclaver durablement l’île, un dispensaire et un complexe scolaire pour éviter les déplacements à risque.

À l’heure où le Gabon veut tourner une page sombre de son histoire, l’île d’Okakwê rappelle que le développement ne doit laisser aucun enfant aller à l’école sur le bord d’une pirogue.

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