L' adoption de l'ordonnance n°006/ PR/2026 du 26 février 2026 sur le régime foncier au Gabon divise. Pour le ministre de l'Habitat, Mays Mouissi, ce texte modernise et sécurise la propriété pour les citoyens, investisseurs et l'État. À l'inverse, des Gabonais – notamment ceux en conflit foncier avec la SNI à Nkok, Essassa et Malibé – qualifient cette mesure d'" inique ".
Ils y voient une sécurisation de la fraude et une normalisation de la prédation foncière dans un pays où plus de 90 % de la population n'a pas de titre de propriété. Pour eux, "cette ordonnance est une sagaie mise à la disposition des enfants de Dieu pour tuer d'autres enfants au nom de Dieu".
La controverse cible les articles 75, 76 et 77, qui rendent le titre foncier définitif, irrévocable et inattaquable. Selon l'article 76, la victime d’une spoliation par fraude ou manipulation ne peut plus contester le titre établi. Elle peut seulement réclamer une réparation financière aux auteurs, souvent protégés, insolvables ou introuvables. Simplice Ibouanga dénonce cette impossibilité d'attaquer un titre obtenu par un faux ou une usurpation.
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Car ces dispositions rompent l'équilibre entre la protection des transactions et les droits des primo-occupants. Enfin, le décès récent de Jérôme Désiré Itoka, mort en défendant son terrain face à un ressortissant libanais épaulé par des gendarmes, apparaît comme le premier épisode malheureux d'une future série noire. Et, forcément, l'inquiétude grandit face à cette nouvelle législation.
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