Le récent remaniement gouvernemental pose une question essentielle : peut-on insuffler une nouvelle dynamique en renouvelant seulement une partie de l'équipe dirigeante ? Sur les 31 membres que comptait l'équipe précédente, président de la République compris, cinq ne sont pas reconduits. Soit environ 16% de renouvellement.
Le choix semble donc privilégier la continuité plutôt que la rupture. Mais cette continuité sera-t-elle synonyme d'efficacité ? Une question à laquelle se greffe un autre questionnement : selon quels critères les changements ont-ils été opérés ? Évaluation des performances ? Volonté de donner une nouvelle dynamique à certains secteurs ? Arbitrages politiques ou combinaison de plusieurs facteurs ?
Remplacer quelques responsables suffit-il à imprimer une nouvelle dynamique ? Encore faut-il tirer les leçons du passé, identifier les insuffisances et corriger ce qui n'a pas marché. Le maintien de la majorité de l'équipe engage donc sa responsabilité collective dans la poursuite de l'action gouvernementale, car le véritable enjeu n'est pas le nombre de départs, mais la capacité à faire mieux.
Ce, d'autant plus que pour les Gabonais, les préoccupations restent concrètes : emploi des jeunes, pouvoir d'achat, accès à l'eau et à l'électricité, santé, éducation. Des réalités qui ne changent pas au rythme des nominations et exigent des réponses mesurables, des engagements crédibles et des résultats visibles.
Les maintenus disposent-ils d'une nouvelle feuille de route assortie d'objectifs précis, ou s'agit-il simplement de poursuivre les politiques engagées ? La question mérite d'être posée sans procès d'intention pour autant que le remaniement permette de relancer l'action gouvernementale.
S'il est vrai que les départs interrogent le bilan des sortants, encore faut-il que les ajustements opérés se traduisent par une meilleure coordination, davantage d'efficacité et une réponse plus rapide aux attentes populaires. Au fond, le pouvoir peut réorganiser son équipe comme il l'entend, il sera jugé non sur les fauteuils redistribués, mais sur les problèmes résolus.
Changer peu oblige à réussir davantage. C'est à l'aune des résultats que cette nouvelle configuration gouvernementale sera jugée car le véritable miroir du gouvernement, c'est le peuple. Les visages peuvent changer, mais ce sont les résultats qui doivent finir par transformer le reflet.
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