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Politique

Gouvernement : entre continuité et technocratie

Hermann Immongault, promu vice-président du gouvernement

Depuis Koula-Moutou où il séjournait à l’occasion des festivités du Nouvel An, le chef de l’État a pris, le 1er janvier, trois décrets ouvrant une nouvelle page de la vie politique. Si le premier nomme Hugues Alexandre Barro Chambrier au poste de vice-président de la République, le deuxième élève Hermann Immongault au rang de vice-président du gouvernement, le troisième, consacre la nomination de la nouvelle équipe gouvernementale. Soit le premier exécutif après les derniers scrutins.

Après un mois et demi d’intérim, le chef de l’État a donc ainsi mis fin au suspense en dévoilant une équipe de 30 membres, dont le vice-président du gouvernement et 10 femmes, signe d’une volonté affichée de renforcer la représentation féminine au sein de l’exécutif. Cette nouvelle équipe, aux allures technocratiques, marque une rupture partielle avec l’ancienne configuration.

En dehors de Régis Onanga Ndiaye, désormais président de l’Assemblée nationale, d’Élodie Diane Fouefoue-Sandjoh, promue 3e vice-présidente du Sénat et de Pascal Ogowe Siffon, actuellement en détention, six figures de l’ancienne équipe quittent le gouvernement : Henri-Claude Oyima, Gilles Nembe, Pr Adrien Mougougou, Paul-Marie Gondjout, Séraphin Akure-Davain et Ludovic Megne.

Ce nouveau gouvernement fait la part belle à des entrées. Pas moins de 13 personnalités font leur apparition : Adrien Nguema Mba (Intérieur ; ce dernier ayant toutefois déjà siégé dans le gouvernement de la Transition), Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny (Affaires étrangères), Augustin Emane (Justice), Aimé Martial Massamba (Pêche), Charles Edgard Mombo (Enseignement supérieur), Elza Ayo-Bivigou (Santé), Pacôme Kossy (Agriculture), Paul Ulrich Kessany (Sports), Germain Biahodjow (Communication), Clotaire Kondja (Pétrole), Thierry Minko (Économie) et Jacqueline Ilogue-Bignoumba.

Cette dernière, figure bien connue du patronat gabonais, hérite du stratégique ministère du Travail. Une nomination qui suscite déjà interrogations et attentes. Saura-t-elle défendre les intérêts des travailleurs, elle qui a longtemps évolué dans un univers où la culture du résultat prime ? Parviendra-t-elle à éviter les écueils rencontrés par certains de ses prédécesseurs dont le passage avait été vivement critiqué, notamment lors de la réforme du Code du travail jugée favorable aux employeurs au détriment des salariés ?

La nomination de cette équipe intervient dans un contexte exigeant. Sur le plan économique, les défis sont nombreux : relance de la croissance, réduction de la dette, lutte contre la vie chère. Sur le plan social, les attentes des populations restent fortes, notamment en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de justice sociale.

À cela s’ajoutent des exigences accrues en matière de transparence, d’efficacité de l’action publique et de développement durable. Cette équipe s’inscrit dans la stabilité démocratique, amorcée avec la mise en place de la Ve République et les réformes constitutionnelles adoptées en 2024.

Plus qu’un simple remaniement, ce nouveau gouvernement apparaît comme un test grandeur nature pour le chef de l’État, appelé à transformer les promesses de la Transition en résultats concrets pour ses compatriotes.

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