L'Organisation non gouvernementale Mouvement des minorités indigènes, autochtones et pygmées du Gabon (Minapyga) séjourne dans le Haut-Ogooué depuis le 16 juillet, ce jusqu'au 23 juillet 2026, dans le cadre d'une campagne de communication, de sensibilisation et d'éducation environnementale sur le conflit homme-éléphant.
Cette mission vise à promouvoir une cohabitation pacifique entre les populations et les éléphants, en ciblant particulièrement les communautés autochtones.
Conduite par la coordinatrice des programmes de l'ONG, Ida Jilles Bawalo Mbazokouba Ebodoumoto, la délégation a d'abord présenté ses civilités au préfet de la Passa, Raphaël Obali, représentant le gouverneur de la province, avant de se déployer sur le terrain. Les équipes ont sillonné le département de l'Ogooué-Letili, notamment dans la zone de Boumango, puis les localités situées entre Franceville et Mvengué, où plusieurs villages à forte présence autochtone ont été visités.
Au cours des échanges, quatre messages essentiels ont été transmis, à savoir la sécurité face aux éléphants, la prévention des risques, le rôle écologique de cette espèce emblématique et son importance culturelle.
« Lorsqu'un projet de cette nature est mis en œuvre, il est normal que nous allions expliquer aux populations autochtones, avec des mots simples et dans leur langue, les objectifs et les enjeux de cette campagne », a expliqué Ida Jilles Bawalo Mbazokouba Ebodoumoto. Selon elle, le choix de ces communautés s'inscrit dans la mission première de Minapyga, qui est la défense et la promotion des droits des peuples autochtones.
Créée le 8 décembre 1997 à Libreville par Léonard Fabrice Odambo Adone, membre de la communauté koy, l'ONG est née d'un engagement personnel contre les discriminations dont étaient victimes les peuples pygmées. Depuis près de trente ans, elle mène des actions aux niveaux national et international pour faire progresser leurs droits.
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Si des avancées ont été enregistrées, la responsable souligne que des défis demeurent. « Aujourd'hui, l'État gabonais reconnaît tous les citoyens comme appartenant aux communautés locales, sans distinction entre Pygmées et Bantous. Toutefois, dans certains villages, des formes de marginalisation persistent encore. C'est pourquoi nous poursuivons nos actions de sensibilisation », a-t-elle indiqué.
Concernant le conflit homme-éléphant, l'ONG entend également s'appuyer sur les savoirs traditionnels des peuples autochtones. « Notre première mission est de recueillir leurs témoignages afin de comprendre comment ils vivent ce conflit et d'en tirer des recommandations pour l'administration. Nous voulons aussi leur transmettre les messages de sécurité élaborés dans le cadre de cette campagne », a précisé la cheffe de mission.
À terme, Minapyga espère que ces communautés disposeront des connaissances nécessaires pour adopter les comportements appropriés face aux éléphants, tout en renforçant leur compréhension du rôle écologique et culturel de cette espèce, afin de contribuer à une réduction durable des conflits entre l'homme et la faune sauvage.
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