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Politique

Discours à la nation du chef de l’État

Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon

Il y a soixante-six (66) ans, le président Léon Mba déclarait, je cite, "En invoquant Dieu, et à la face des Hommes, par la délégation des pouvoirs que je tiens du peuple gabonais, et en vertu du droit de ce peuple à disposer de lui-même, je proclame solennellement l’indépendance de la République gabonaise" Fin de citation. Ce jour-là, il n’a pas seulement hissé notre beau drapeau vert-jaune-bleu dans le concert des nations, mais il a aussi arraché, en notre nom, le droit de décider pour nous-mêmes et porté haut le flambeau de la liberté. La célébration de ce soixante-sixième anniversaire doit être l’expression vivante d’une ambition, celle de refonder notre pays pour le mettre à la hauteur des exigences de son temps.

Mesdames et Messieurs,

L’indépendance n’est jamais définitivement acquise. Elle se protège. Elle se consolide. Elle se démontre chaque jour par la force de nos institutions, par notre capacité à décider librement, à former nos enfants, à produire notre énergie, à bâtir nos infrastructures et à défendre, partout, les intérêts du peuple gabonais. Ce jour, je veux m’adresser à vous sans intention de dissimuler ni nos progrès, ni nos difficultés. Un État responsable regarde la réalité en face, dit la vérité à son peuple et agit.

Mes chers compatriotes,

Depuis trois ans, le Gabon a entrepris de restaurer pleinement sa voix et sa place dans le concert des nations. Nous avons sillonné l’Afrique, l’Europe, les Amériques et l’Asie. Ce dynamisme diplomatique n’a qu’un objectif, celui d’ouvrir des perspectives utiles à notre pays, rétablir la confiance et construire des partenariats solides, équilibrés et respectueux de notre souveraineté. Ma récente visite d’État à Paris tout comme ma tournée en Afrique de l’Ouest ont marqué une étape majeure de cette offensive diplomatique. Nous n’y sommes pas allés pour sacrifier au protocole, ni pour rechercher des applaudissements.

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Nous y sommes allés pour faire valoir les intérêts du Gabon, restaurer durablement sa crédibilité internationale et obtenir des résultats concrets pour notre peuple. Ces résultats sont là : des accords d’investissement stratégiques pour moderniser nos infrastructures, des engagements destinés à consolider nos finances publiques et un appui accru à la transformation de notre économie. Ils ont été obtenus dans la sérénité, dans la clarté, dans le respect mutuel et la transparence.

C’est pour moi l’occasion de réaffirmer ici que le Gabon respecte ses partenaires. Mais l’intérêt supérieur de la Nation doit prévaloir. Nous voulons la coopération, des partenariats d’égal à égal et non la dépendance. L’indépendance économique que nous voulons consolider doit contribuer de manière significative à l’amélioration des conditions de vie des Gabonaises et des Gabonais.

Gabonaises, Gabonais, Mes chers compatriotes,

Depuis mon accession à la magistrature suprême, nous avons engagé un vaste chantier de modernisation. Aujourd’hui, le temps des promesses doit céder la place au temps des preuves. Les réalisations sortent de terre. De la construction du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba à la livraison progressive de nos principaux axes routiers, en passant par la réhabilitation du Mémorial Léon Mba, la construction de l’Esplanade Georges Damas Aleka, la Cité administrative Émeraude, l’Hôtel des Affaires étrangères Maison Jean PING, l’État-major de la Marine nationale, l’État-Major des Sapeurs-Pompiers, les Centres de santé de la Peyrie, d’Akébé et de Bikélé et de nombreux autres chantiers structurants, nos efforts commencent à porter leurs fruits.

Cette 66e édition marque une rupture avec les célébrations passées. Pour la première fois, la fête de l’Indépendance ne sera plus statique, limitées à la seule parade militaire. Elle s'étend désormais sur plusieurs jours et se déploie au-delà des seules cérémonies protocolaires : elle devient un moment de vérité pour la nation, ponctué par l'inauguration d'infrastructures majeures qui viennent concrétiser, aux yeux de tous, mes engagements de refondation pour ce Gabon nouveau.

Lors de leurs récentes venues à Libreville, plusieurs chefs d’État de notre sous-région et de nombreux hôtes de marque ont salué la qualité et l’ambition de ces infrastructures. Nous pouvons en être fiers. La dynamique est enclenchée. Elle ne doit être ralentie ni par la bureaucratie, ni par l’inertie, ni par les mauvaises habitudes, ni par les intérêts particuliers. L’État doit avancer avec méthode, contrôler les délais, exiger la qualité et demander des comptes. Cette modernisation, qui renforce l’attractivité de notre pays, doit se traduire par le développement de nos capacités hôtelières. Ce secteur est porteur de nombreuses opportunités qui devraient nous permettre d’améliorer considérablement l’employabilité des jeunes.

Je suis profondément convaincu que notre première richesse demeure notre jeunesse. J’appelle donc nos entrepreneurs, nos établissements de formation et les acteurs du secteur hôtelier à se mobiliser. Formons nos enfants aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de l’accueil et du service. Donnons-leur les compétences et la discipline nécessaires pour devenir les premiers ambassadeurs de l’excellence gabonaise. Dans cette optique, j’ai poursuivi et achevé la construction de l’Université Polyvalente du Cap estérias, qui réservera une partie de ses programmes à la formation aux métiers de ce secteur. Toutes les dispositions ont été prises pour une rentrée effective à la prochaine année universitaire.

Mes chers compatriotes,

Nous devons également regarder nos difficultés en face. Dans le domaine de l’eau et de l’électricité, la situation vécue par de nombreux ménages n’est pas acceptable. Je connais les coupures. Je connais l’impatience des familles, des commerçants et des entreprises. Je sais ce qu’elles coûtent à notre économie et à la vie quotidienne. Nous continuons d’accomplir des efforts. Je suis conscient que tous les Gabonais n’ont pas encore accès aux services universels de l’eau et de l’électricité comme je le souhaiterais, mais j’ai la ferme assurance que les objectifs seront atteints. Restons optimistes.

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