Situation financière de certains établissements de crédits de la Cemac : Faut-il craindre le pire ?

Au plus fort des rumeurs sur l’état déliquescent de plusieurs établissements de crédits sous-régionaux, la sortie vigoureuse du gouverneur de la BEAC et président de la Cobac, Lucas Abagha Nchama, lors de la 6e réunion annuelle de concertation avec les professionnels de la banque et de la finance soulève plusieurs interrogations.

LES établissements de crédits sous-régionaux sont-ils, pour certains, en crise où en proie à des tensions de trésorerie ?

La sortie vigoureuse du gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) et président de la Commission bancaire d'Afrique centrale (Cobac), Lucas Abagha Nchama, lors de la 6e réunion annuelle de concertation avec les professionnels de la banque et de la finance a pourtant sonné comme une alerte.

Habituellement plus fin et diplomatique, Lucas Abagha Nchama a chargé, à huis clos, les responsables de certains établissements de crédits du risque encouru par ces derniers face à l’octroi de crédits douteux à des tiers, en violation flagrante des dispositions réglementaires de la Cobac et du respect des ratio-prudentiels. Une mise en garde que certains banquiers, sous couvert d’anonymat, ont interprété comme un mauvais présage.

« La fragilité et la dégradation de la situation de certains établissements de crédit de la Cemac au cours de ces dernières années trouvent en général leur origine dans des prises de risques inconsidérés, notamment sur des personnes et entités liées aux dirigeants et aux promoteurs desdits établissements. Ces engagements octroyés, souvent à des taux hors marché, s’avèrent généralement de très mauvaise qualité, immobilisent souvent des sommes importantes et obèrent la situation financière des établissements concernés », a lâché le gouverneur de la BEAC.

Selon un rapport de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dont la Cobac a fait référence lors de cette réunion pour montrer certainement la gravité de la situation, l’histoire contemporaine des crises financières a été jalonnée d’exemples édifiants sur les conséquences que peuvent avoir la concentration des crédits ou l’octroi de crédits à des contreparties liées à la banque sans une analyse sérieuses de leur probabilité de défaillance.

Ainsi, rappelle la Cobac à dessein, le Chili a connu une grave crise financière de 1981 à 1983, en raison des prêts de complaisance consentis du fait de l’existence d’intérêts croisés entre les propriétaires et les gestionnaires de certaines banques. Un exemple suffisamment illustratif de la situation actuelle.

« L’une des principales leçons tirées de la crise bancaire qui a frappé les Etats de la Cemac à la fin des années 80 a été que celle-ci a été fortement causée par le mauvais dénouement des trop nombreux crédits souvent de complaisance, accordés aux apparentés et à l’Etat, actionnaire majoritaire des principaux établissements de l’époque », indique la Cobac dans son rapport avant d’ajouter : « Cette mauvaise maîtrise du risque de crédit, conjuguée à l’accumulation des dysfonctionnements dans la gestion des établissements de crédit et à la faiblesse du dispositif de supervision de l’époque a été préjudiciable à la sous-région, débouchant sur de nombreuses faillites bancaires ». Voilà qui est bien dit.

Maxime Serge MIHINDOU

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