Banque : une nouvelle taxe et des questions

Banque : une nouvelle taxe et des questions

Le projet du gouvernement d’instaurer une nouvelle taxe de 2 % sur tout retrait d'espèces dans les banques à partir de 1 million de francs semble être la pilule de trop à avaler pour les ménages, déjà fragilisés par la pandémie de Covid-19. Si la plaidoirie du gouvernement peut sembler recevable, son opportunité et sa mise en application suscitent bien des interrogations.

Dans son projet de loi de finances rectificative 2020, le gouvernement veut instituer une nouvelle taxe dénommée "taxe de retrait", effectuée en numéraires auprès des établissements de crédits, sur tout retrait d’argent pour un montant supérieur ou égal à 1 000 000 de francs. Les arguments avancés par le ministère des Finances tiennent, à la fois aux risques sanitaires que présentent désormais les échanges en monnaie physique, et à l’urgence de lutter contre l’informel en ayant une meilleure traçabilité de toutes les transactions financières journalières.

Pour le gouvernement, cette taxe vise donc à susciter une renonciation progressive à l’usage de l’argent physique. Elle contraint, soutient-il, le passage de la monnaie scripturale (enregistrée dans une banque ou un porte-monnaie électronique) vers la monnaie physique, au-delà d’un seuil d’un million de francs CFA par mois. De plus, cette taxe n’aura aucun impact sur les familles vulnérables. Mais plutôt, reconnaît-il, une incidence financière sur les commerçants.

Si la plaidoirie du gouvernement a tout son sens, elle bute, néanmoins, sur plusieurs préalables nécessaires pour assurer une telle transition dans les habitudes des ménages. En effet, selon un rapport de la Banque mondiale, le commerce informel représente près de 50 % de l’économie nationale. Un environnement où tout se paye en cash.

Avant d’instaurer une telle taxe, le gouvernement, de l’avis de plusieurs observateurs, aurait dû rendre obligatoire le règlement par Terminal de paiement électronique (TPE) dans tous les commerces ou via monnaie électronique (Aitrel money, Mobicash…). Et cela, à condition de disposer d’une plateforme électronique fiable capable de supporter un tel trafic. Ce qui n’est pas donné d’avance, au vu de la défaillance technique de certains terminaux (TPE) installés dans les grandes surfaces commerciales.

De plus, si le gouvernement se défend de ne pas vouloir augmenter son niveau de recettes, il n'en demeure pas moins que l’argent collecté via les banques sera reversé au Trésor. Pour quel usage à la fin ?



Maxime Serge MIHINDOU



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