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Pierre Akendengué

Pierre Akendengué, chanteur gabonais,

 

UNE PASSION D'AFRIQUE

Les années d'apprentissage de 1943 à 1974

Né un 25 avril 1943 à Aouta (Ogooue maritime), Pierre Akendengué baigne dès son enfance dans l'univers musical. Ses oncles, joueurs de cithare et de guitare, l'ont initié à la musique traditionnelle. Et sa curiosité personnelle l'amènent très tôt à explorer les compositions classiques, la chant grégorien notamment. A 14 ans, Pierre Akendengué compose déjà. Huit ans plus tard, arrivé en France, où il conduit des études de psychologie, le jeune homme ne coupe jamais ses liens avec la musique. Il va se former en harmonie, puis conduire une chorale à Orléans. Ce double cheminement lui permet d'obtenir un doctorat (1976) et en même temps d'intégrer dès 1967, le Petit Conservatoire de la Chanson, de Mireille. Cette dernière a remarqué son talent. Pierre Akendengué obtiendra ainsi une troisième place au concours "La Fine fleur de la chanson". Première reconnaissance et déjà cette conviction que ses textes doivent être chantés dans sa langue maternelle.

De "Nandipo" (1974) à Mamdo (1983).

Dès son premier album, "Nandipo" (1974) à compte d'auteur, Pierre Akendengué associe donc les parties en myéné et les rimes françaises. Cet opus, né de la rencontre avec Pierre Barouh, lui aussi compositeur, ouvre l'Afrique de son enfance sur des rythmiques plurielles où se côtoient la soul, les percussions cubaines et les tonalités africaines. Une entrée en matière remarquée, puisque l'album sera répertorié par le mensuel Vibrations parmi les 50 "indispensables" de la musique continentale.

Cet aspect créatif mis à part, Akendengué aura dès cette époque une étiquette d' "artiste engagé". S'il revient fréquemment au pays, ses albums sont interdits de diffusion depuis 1972. Ce sera le cas d' Africa Obata (Afrique, ma mère), qui obtient pourtant le "Prix de la jeune chanson française" au Midem de Cannes. Mais à partir de 1978, même si ses textes gardent une coloration politique, celle-ci prend un aspect plus poétique, servie par un instrumental enrichi. La sortie de "Mando" (1976) en est le meilleur exemple. Une trentaine de musiciens l'accompagnent, les textes sont exclusivement en myené, et le résultat... somptueux.

Le retour au pays (1985)

C'est à la même époque que Pierre Akendengué envisage son retour au Gabon. Des raisons de santé et de difficultés matérielles, mais aussi le besoin de participer à la vie culturelle de son pays. Petit clin d'oeil de l'histoire, il sera nommé conseiller auprès du ministre de la Culture, puis conseiller du président Omar Bongo. Des années riches qui verront la sortie de "Lambarena" (1993), album référence auquel Akendengué a largement contribué, de Maladité (1996) où Akendengué évoque encore les souffrances du continent, et enfin de "Carrefour Rio" (1997), l'année où il reçoit également le Prix d'excellence lors des Africa Music Awards.

Entre la France et l'Afrique

Toutes ces années, Pierre Akendengué n'a cessé de voyager, entre cette Afrique qu'il aime et qu'il défend, et les scènes européennes qui rendent plus visible son message. On peut parler de ses collaborations avec le Sénégalais Ismaël Lô, en région parisienne. Ou encore de sa tournée dans les Centres culturels français de 2002, et de son passage au Bataclan en 2005, au moment de la sortie d' "Ekunda-Sah !". Akendengué n'a rien perdu de son humanisme et son album suivant, Gorée (2006) porte bien haut sa signature. Gorée, l'île aux esclaves, le martyr des peuples africains et cette blessure si difficile à refermer.

Jusqu'à aujourd'hui, Pierre Akendengué porte donc le même propos. "Vérité d'Afrique" (2008), son 19ème album, reprend ainsi le titre "Considérable" (1972) qui parlait déjà de l'unité africaine et des défis à relever. Le Gabon donc, mais aussi le Cap Vert qui va nourrir sa palette musicale, et où il croise le talent de Nado Andrade, pianiste et directeur musical de Cesaria Evora; ou encore l'Angola où il chante en 2009, et le Burkina Faso, lors de la cérémonie des Kora Awards, où Pierre Akendengué reçoit un prix d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre.

Depuis 2012, Pierre Akendengué sort peu du Gabon. Effectivement, de produire son orchestre (18 personnes) devient financièrement difficile. Quelques apparitions sur la scène gabonaise néanmoins, et la sortie d'un dernier album, "Destinée" (2013). Une fois encore, il embarque à ses côtés des musiciens venus d'ailleurs. De nouveau le Congo Kinshasa, avec le guitariste Olivier Tshimanga, et à la réalisation François Bréant (Salif Keita, Idrissa Soumaoro, Sekouba Bambino…). A 70 ans, Pierre Akendengué poursuit son voyage. " La chanson est comme une respiration. Tant que vous continuez de respirer, on ne peut pas vous empêcher de chanter, même si avec l’âge vous chantez un peu ratatiné, un peu faux. " Et de conclure, comme dans cette interview à Bertrand Lavaine (RFI): " La chanson ne se séparera de moi – ou je ne me séparerai de la chanson – qu’à mon dernier souffle."

Roger Ango-Calmé

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